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đŸ—žïžđŸŽŹVidĂ©o & Presse VOIRON - urgences : malgrĂ© les annonces, la mobilisation « ne va pas s’arrĂȘter lĂ  »

  • Photo du rĂ©dacteur: SNMH FO
    SNMH FO
  • il y a 1 jour
  • 4 min de lecture

AprĂšs le choc que fut, dĂ©but mai, l’annonce de la fermeture nocturne du service des

urgences pĂ©diatriques de l’hĂŽpital de Voiron, et malgrĂ© des annonces rĂ©centes par la

direction du Chuga, quelque 150 personnes ont manifesté ce samedi pour réclamer sa

réouverture immédiate.


Les annonces de la direction du centre hospitalier par voie de communiquĂ© de presse jeudi soir, dont beaucoup ont d’ailleurs pris connaissance dans nos colonnes (lire par ailleurs), n’auront

pas calmĂ© la gronde. Ce samedi matin, Ă  l’appel de l’intersyndicale de l’hĂŽpital de Voiron,

environ 150 personnes, membres du personnel, reprĂ©sentants syndicaux, Ă©lus – de gauche –

mais aussi simples citoyens ont dĂ©filĂ© depuis l’avenue Jacques-Chirac et jusque sous les

fenĂȘtres de la mairie pour porter leurs revendications en vue de la rĂ©ouverture « immĂ©diate »

des urgences pĂ©diatriques la nuit de l’établissement de soin voironnais. Lesquelles sont en effet

fermĂ©es, depuis le 4 mai, de 18 heures Ă  8 heures faute d’un nombre suffisant d’internes, ces

derniers devant exercer en “binîme” avec des praticiens seniors.


Un combat rejoignant celui menĂ© depuis l’automne 2021 pour les urgences adultes, et qui s’est

Actu locale | Voiron


traduit par une premiĂšre mobilisation le 19 mai Ă  Grenoble. « Ce qu’on veut, c’est soutenir le

service, local, Ă  taille humaine ; cela fait des annĂ©es que l’équipe est en difficultĂ© et n’est pas

soutenue », pointe ainsi la pĂ©diatre Marie Baret, 13 ans d’anciennetĂ©. La quadragĂ©naire

explique avoir Ă©tĂ© associĂ©e Ă  la dĂ©cision, prise « Ă  contrecƓur », sur la fermeture nocturne des

urgences pĂ©diatriques « pour assurer la sĂ©curitĂ© des patients » faute d’un effectif suffisant. Et si

les annonces récentes paraissent une bonne nouvelle pour elle et son jeune collÚgue Foucauld

Guinamard, « les embauches miracles ne tombent pas du ciel », glisse ce dernier.


En blouse blanche, Anne Buttigien et Océane Arnaud sont tout autant dubitatives quant à la

concrétisation des pistes avancées au regard de « la situation au quotidien » ; la premiÚre,

infirmiÚre puéricultrice aux urgences pédiatriques, assure en tout cas constater « une

dégradation » des conditions de travail depuis 25 ans. Un « surmenage » et une « surcharge »

que relÚve également la médecin urgentiste Almuth Schleiermacher : « Les jeunes qui entrent

dans le mĂ©tier dont dĂ©jĂ  Ă©puisĂ©s, ce n’est pas rassurant, ce n’est pas une façon de gĂ©rer le

personnel », déplore celle qui est entrée en 1999 au Chuga.


Pour obtenir gain de cause, tous comptent donc sur le soutien de la population et des élus

locaux : « On pense que l’unitĂ© est le seul moyen d’obtenir un recul de l’ARS [Agence rĂ©gionale

de santé, établissement chargé des politiques de santé publique au niveau régional], mais il

faudra qu’il y ait plus de monde », prĂ©venait Pascal Royer pour le Collectif santĂ© voironnais au

moment des prises de paroles, ponctuées par le slogan « des bras, des lits », comme un

mantra. La dĂ©putĂ©e LFI de la 9e circonscription de l’IsĂšre, Sandrine NosbĂ© mise mĂȘme sur « le

rapport de force » pour obtenir des avancées. « Il faut mettre la pression, les manifestations ont

encore du sens », abondait Anne Favier, ancienne élue du groupe de gauche au conseil

municipal de Voiron. « On aimerait bien que Julien Polat [maire] se soucie de la santé de ses

administrĂ©s », glissait Ă  ses cĂŽtĂ©s StĂ©phane Rey, actuel conseiller minoritaire de “Voiron en

commun”, pointant l’absence des Ă©lus de la majoritĂ© parmi le cortĂšge.


Chapeau sur la tĂȘte et chasuble sur le dos aux couleurs de la CGT, syndicat dont elle est la

secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale Ă  l’hĂŽpital voironnais, Sophie Sausse attendait donc « un engagement sĂ»r »

de la direction du CHU Grenoble Alpes, dénonçant au micro « la logique comptable avec

laquelle est géré le systÚme de santé », craignant « un effet boule de neige pour tous les

services ». L’infirmiĂšre anesthĂ©siste faisait partie de la dĂ©lĂ©gation de dix personnes, pĂ©diatres et

représentants syndicaux, reçue peu avant midi par le premier adjoint au maire de Voiron, Yves

Allardin, accompagnĂ© d’Anne Kittler, directrice gĂ©nĂ©rale adjointe du Chuga. « Au cours de l’étĂ©,

quatre mĂ©decins Ă©trangers faisant fonction d’internes devraient arriver aux urgences

pĂ©diatriques. Tout cela devrait tenir jusqu’en novembre, oĂč les choses seraient rĂ©gularisĂ©es de

maniĂšre plus pĂ©renne », rapporte l’élu Ă  l’issue de l’entrevue.


Rappelant que « les maires n’ont aucun pouvoir, ce qui n’empĂȘche pas qu’on pousse pour que

les choses évoluent », Yves Allardin renvoyait aussi la députée Nosbé à ses responsabilités :

« Ceux qui sont les plus prĂšs du pouvoir n’ont qu’à y aller, au mastic, c’est lĂ -haut que ça se

joue. »


Sophie Sausse, elle, parle d’un bilan « en demi-teinte » aprĂšs cet entretien : si les manifestants

ont obtenu gain de cause quant au maintien du poste d’infirmiĂšre puĂ©ricultrice de nuit, un temps

menacĂ©, et le prochain recrutement d’une ou un cadre spĂ©cialisĂ© en puĂ©riculture, « lĂ  oĂč ça

pĂšche, c’est au niveau mĂ©dical », nuance la syndicaliste. Le recrutement de trois mĂ©decins

pédiatres en équivalent temps plein était exigé par les manifestants, ce sera « 1,9 seulement ».

Des avancĂ©es insuffisantes, Ă  leurs yeux. Alors, « on ne va pas s’arrĂȘter lĂ , on va se

remobiliser », promet la professionnelle.


À deux jours de la manifestation, c’est par un communiquĂ© de presse que la direction du Centre

hospitalier universitaire Grenoble Alpes (Chuga), dont dĂ©pend l’établissement de Voiron,

annonçait “plusieurs Ă©volutions positives” concernant les urgences enfants et adultes.

Pour les premiĂšres, une “rĂ©ouverture progressive” est ainsi “envisagĂ©e dĂšs que possible et

probablement courant juillet” grñce au recrutement de “4 puis 7 personnels Faisant fonction

d’interne (FFI)”. Un retour au fonctionnement pĂ©renne est plutĂŽt attendu pour novembre, Ă  la

faveur de la “rĂ©ouverture du terrain de stage aux internes dĂšs le prochain choix” de ces

derniers.


Pour les urgences adultes, en fonctionnement dégradé depuis 2021, un petit mieux est constaté

depuis le 2 février avec la réouverture le lundi de 18 heures à 22 heures du service ; créneau

également rouvert le jeudi depuis le 4 juin, indique encore le communiqué. Ce qui reste encore

loin d’une ouverture 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, en vue de laquelle le Chuga dit

poursuivre ses “efforts de recrutement de mĂ©decins urgentistes”.


Actu locale | Voiron

HélÚne Delarroqua


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