đïžđŹVidĂ©o & Presse VOIRON - urgences : malgrĂ© les annonces, la mobilisation « ne va pas sâarrĂȘter là »
- SNMH FO
- il y a 1 jour
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AprĂšs le choc que fut, dĂ©but mai, lâannonce de la fermeture nocturne du service des
urgences pĂ©diatriques de lâhĂŽpital de Voiron, et malgrĂ© des annonces rĂ©centes par la
direction du Chuga, quelque 150 personnes ont manifesté ce samedi pour réclamer sa
réouverture immédiate.
Les annonces de la direction du centre hospitalier par voie de communiquĂ© de presse jeudi soir, dont beaucoup ont dâailleurs pris connaissance dans nos colonnes (lire par ailleurs), nâauront
pas calmĂ© la gronde. Ce samedi matin, Ă lâappel de lâintersyndicale de lâhĂŽpital de Voiron,
environ 150 personnes, membres du personnel, reprĂ©sentants syndicaux, Ă©lus â de gauche â
mais aussi simples citoyens ont dĂ©filĂ© depuis lâavenue Jacques-Chirac et jusque sous les
fenĂȘtres de la mairie pour porter leurs revendications en vue de la rĂ©ouverture « immĂ©diate »
des urgences pĂ©diatriques la nuit de lâĂ©tablissement de soin voironnais. Lesquelles sont en effet
fermĂ©es, depuis le 4 mai, de 18 heures Ă 8 heures faute dâun nombre suffisant dâinternes, ces
derniers devant exercer en âbinĂŽmeâ avec des praticiens seniors.
Un combat rejoignant celui menĂ© depuis lâautomne 2021 pour les urgences adultes, et qui sâest
Actu locale | Voiron
traduit par une premiĂšre mobilisation le 19 mai Ă Grenoble. « Ce quâon veut, câest soutenir le
service, local, Ă taille humaine ; cela fait des annĂ©es que lâĂ©quipe est en difficultĂ© et nâest pas
soutenue », pointe ainsi la pĂ©diatre Marie Baret, 13 ans dâanciennetĂ©. La quadragĂ©naire
explique avoir Ă©tĂ© associĂ©e Ă la dĂ©cision, prise « Ă contrecĆur », sur la fermeture nocturne des
urgences pĂ©diatriques « pour assurer la sĂ©curitĂ© des patients » faute dâun effectif suffisant. Et si
les annonces récentes paraissent une bonne nouvelle pour elle et son jeune collÚgue Foucauld
Guinamard, « les embauches miracles ne tombent pas du ciel », glisse ce dernier.
En blouse blanche, Anne Buttigien et Océane Arnaud sont tout autant dubitatives quant à la
concrétisation des pistes avancées au regard de « la situation au quotidien » ; la premiÚre,
infirmiÚre puéricultrice aux urgences pédiatriques, assure en tout cas constater « une
dégradation » des conditions de travail depuis 25 ans. Un « surmenage » et une « surcharge »
que relÚve également la médecin urgentiste Almuth Schleiermacher : « Les jeunes qui entrent
dans le mĂ©tier dont dĂ©jĂ Ă©puisĂ©s, ce nâest pas rassurant, ce nâest pas une façon de gĂ©rer le
personnel », déplore celle qui est entrée en 1999 au Chuga.
Pour obtenir gain de cause, tous comptent donc sur le soutien de la population et des élus
locaux : « On pense que lâunitĂ© est le seul moyen dâobtenir un recul de lâARS [Agence rĂ©gionale
de santé, établissement chargé des politiques de santé publique au niveau régional], mais il
faudra quâil y ait plus de monde », prĂ©venait Pascal Royer pour le Collectif santĂ© voironnais au
moment des prises de paroles, ponctuées par le slogan « des bras, des lits », comme un
mantra. La dĂ©putĂ©e LFI de la 9e circonscription de lâIsĂšre, Sandrine NosbĂ© mise mĂȘme sur « le
rapport de force » pour obtenir des avancées. « Il faut mettre la pression, les manifestations ont
encore du sens », abondait Anne Favier, ancienne élue du groupe de gauche au conseil
municipal de Voiron. « On aimerait bien que Julien Polat [maire] se soucie de la santé de ses
administrĂ©s », glissait Ă ses cĂŽtĂ©s StĂ©phane Rey, actuel conseiller minoritaire de âVoiron en
communâ, pointant lâabsence des Ă©lus de la majoritĂ© parmi le cortĂšge.
Chapeau sur la tĂȘte et chasuble sur le dos aux couleurs de la CGT, syndicat dont elle est la
secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale Ă lâhĂŽpital voironnais, Sophie Sausse attendait donc « un engagement sĂ»r »
de la direction du CHU Grenoble Alpes, dénonçant au micro « la logique comptable avec
laquelle est géré le systÚme de santé », craignant « un effet boule de neige pour tous les
services ». LâinfirmiĂšre anesthĂ©siste faisait partie de la dĂ©lĂ©gation de dix personnes, pĂ©diatres et
représentants syndicaux, reçue peu avant midi par le premier adjoint au maire de Voiron, Yves
Allardin, accompagnĂ© dâAnne Kittler, directrice gĂ©nĂ©rale adjointe du Chuga. « Au cours de lâĂ©tĂ©,
quatre mĂ©decins Ă©trangers faisant fonction dâinternes devraient arriver aux urgences
pĂ©diatriques. Tout cela devrait tenir jusquâen novembre, oĂč les choses seraient rĂ©gularisĂ©es de
maniĂšre plus pĂ©renne », rapporte lâĂ©lu Ă lâissue de lâentrevue.
Rappelant que « les maires nâont aucun pouvoir, ce qui nâempĂȘche pas quâon pousse pour que
les choses évoluent », Yves Allardin renvoyait aussi la députée Nosbé à ses responsabilités :
« Ceux qui sont les plus prĂšs du pouvoir nâont quâĂ y aller, au mastic, câest lĂ -haut que ça se
joue. »
Sophie Sausse, elle, parle dâun bilan « en demi-teinte » aprĂšs cet entretien : si les manifestants
ont obtenu gain de cause quant au maintien du poste dâinfirmiĂšre puĂ©ricultrice de nuit, un temps
menacĂ©, et le prochain recrutement dâune ou un cadre spĂ©cialisĂ© en puĂ©riculture, « lĂ oĂč ça
pĂšche, câest au niveau mĂ©dical », nuance la syndicaliste. Le recrutement de trois mĂ©decins
pédiatres en équivalent temps plein était exigé par les manifestants, ce sera « 1,9 seulement ».
Des avancĂ©es insuffisantes, Ă leurs yeux. Alors, « on ne va pas sâarrĂȘter lĂ , on va se
remobiliser », promet la professionnelle.
Ă deux jours de la manifestation, câest par un communiquĂ© de presse que la direction du Centre
hospitalier universitaire Grenoble Alpes (Chuga), dont dĂ©pend lâĂ©tablissement de Voiron,
annonçait âplusieurs Ă©volutions positivesâ concernant les urgences enfants et adultes.
Pour les premiĂšres, une ârĂ©ouverture progressiveâ est ainsi âenvisagĂ©e dĂšs que possible et
probablement courant juilletâ grĂące au recrutement de â4 puis 7 personnels Faisant fonction
dâinterne (FFI)â. Un retour au fonctionnement pĂ©renne est plutĂŽt attendu pour novembre, Ă la
faveur de la ârĂ©ouverture du terrain de stage aux internes dĂšs le prochain choixâ de ces
derniers.
Pour les urgences adultes, en fonctionnement dégradé depuis 2021, un petit mieux est constaté
depuis le 2 février avec la réouverture le lundi de 18 heures à 22 heures du service ; créneau
également rouvert le jeudi depuis le 4 juin, indique encore le communiqué. Ce qui reste encore
loin dâune ouverture 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, en vue de laquelle le Chuga dit
poursuivre ses âefforts de recrutement de mĂ©decins urgentistesâ.
Actu locale | Voiron
HélÚne Delarroqua

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